Robe de jour à crinoline en damas à carreaux - période début Second Empire Circa 1855

Circa 1855
France ou Angleterre 

Robe de jour à petite crinoline en deux parties, corsage et jupe en damas de soie vert et bronze, superposé de damiers. Corsage agrafé devant à manches longues en pagode, soulignées de frises à la grecque en velours appliqué émeraude et de tresses en croquet sur la poitrine. Joli travail de plissé smockés sous la poitrine et aux épaules. Jupe ronde doublée de tarlatane crème et de taffetas de soie émeraude avec rappel à la doublure des manches. Montage de la jupe sur ceinture de coton crème avec travail de plis creux devant et de plis canon derrière. Ensemble non modifié dans son état d'origine. Le damas est ici intéressant car il alterne des carreaux de satin vert et des carreaux de taffetas changeant, le tout souligné de damiers brochés jaune jouant de la diagonale. Micro taches brunes à la doublure de coton du corsage et très légère décoloration de la soie sous les aisselles, seuls défauts à signaler. Pas de trou, ni de taches. Très bel état de couleur et de conservation. Pièce de qualité Musée.

Dimensions: Equivalent taille 36-38 France. Hauteur 143 cm, épaules 46 cm, poitrine 95 cm, taille 69 cm, manches 46 cm, hanches 138 cm.

Au XIXe siècle, l’engouement pour l’Arlequin de la Comedia dell’Arte, puis pour le Madras et le Plaid écossais victorien, impose en réaction au répertoire floral des Indiennes, la mode du carreau en Europe. Importé de la ville de Madras en Inde par les anglais au XVIIIe siècle, il était initialement composé de fibre de bananier et de soie. Porté par les créoles des Petites Antilles françaises au XIXe siècle, dont notamment des foulards à carreaux en coton et soie à vives couleurs, le Madras devient le symbole de la liberté à l’abolition de l’esclavage en 1848. Par extension, il s’agit d’un coton tissé à carreau, produit en Angleterre et en France au XIXe siècle, et symbolise également les progrès technologiques dans l’industrie textile lors de la révolution industrielle.  Les Tartans et Plaids écossais de laine tissée à carreaux, portés par la Reine Victoria et le Prince Albert en 1852 à Balmoral (qu’ils nomment d’ailleurs le tartan de Balmoral), ont fini de parfaire cet engouement pour la mode du plaid en Europe. Dans l’exemple de cette robe du début de la période Second Empire, la juxtaposition des carreaux et des damiers dialoguant avec les effets mat et brillant du damas de soie, correspond bien à cet esprit de nouveauté.